Célébration de l’héritage et des luttes : Une 4ème édition du Salon du Livre africain riche en discussions et découvertes
Paris a abrité, du vendredi 14 au dimanche 16 mars 2025, la 4ème édition du Salon du Livre africain de Paris, avec comme invités le Cameroun, pays d’honneur le Cameroun, et pays spécial le Brésil. Cette édition fut dressée sous les thèmes des « voyages en diaspora », proposant une panoplie de conférences, de rencontres, de tables rondes et d’ateliers, d’auteurs et d’éditeurs venus des quatre coins de notre continent.
Une fois n’est pas coutume, le CAFRAD s’est intéressé de près à cette manifestation et célébration qui honore la culture africaine, et qui permet aux férus de la littérature africaine, de la diaspora et de la francophonie dans toutes ses découlées de découvrir de nouveaux auteurs, et de se délecter de l’abondance de la production culturelle africaine dans les romans, le théâtre, la poésie, ou encore les essais et les mémoires.
En effet, le programme de cette édition a proposé une série de conférences et de rencontres éclairées, abordant des thématiques littéraires, culturelles et sociales au cœur des enjeux contemporains en Afrique et dans sa diaspora. Les journées ont été animées par des rencontres professionnelles entre éditeurs africains et européens, avec un focus particulier sur les cessions, acquisitions et coéditions dans le domaine de la littérature jeunesse.
Par ailleurs, une formation sur les métadonnées du livre, animée par You Scribe, souligne l’importance de la visibilité numérique pour les éditeurs. Plusieurs tables rondes permettent d’explorer les expériences et collaborations entre éditeurs jeunesse en Afrique et dans la diaspora, tout en mettant en lumière les actions de l’Organisation internationale de la Francophonie pour soutenir la découvrabilité du livre francophone. La question de la diffusion numérique du livre est également abordée à travers des discussions sur la littérature audio et les dynamiques des salons du livre en Afrique.
Des débats politiques et sociaux ont également animé les tables de ce salon, abordant des thèmes brûlants tels que les violences faites aux femmes en période de guerre, la Françafrique, ou encore les enjeux du panafricanisme et les résistances artistiques à travers la littérature. Des hommages sont rendus à des figures majeures de la littérature, comme Eugène Njo Léa, avec des présentations de ses œuvres, ainsi qu’à des écrivains comme Jean-Joseph Rabearivelo et Frantz Fanon, dont l’héritage intellectuel continue de nourrir les réflexions contemporaines sur la liberté, l’identité et les luttes postcoloniales.
À travers les siècles, les écrivains africains ont utilisé leurs plumes comme armes pour dénoncer l’injustice, la répression, et les inégalités tout en revendiquant l’identité, la dignité et la liberté de leurs peuples. En effet, la question de la résistance artistique à travers la littérature en Afrique est complexe et profondément ancrée dans les luttes historiques et contemporaines de notre continent. L’art, et en particulier la littérature, a toujours été un vecteur puissant de résistance face aux différentes formes de domination, qu’elles soient coloniales, politiques, sociales ou économiques.
Pendant la colonisation, la littérature africaine a joué un rôle important dans la lutte contre l’oppression de l’homme européen, en mettant en exergue les souffrances infligées par celui-ci, et les profondes séquelles laissées par les discriminations raciales. À travers l’encre et la plume, l’écrivain africain éclairé, empathique, humaniste et patriote appelle ses frères et sœurs à une prise de conscience collectives, appelant à la résistance en dénonçant les injustices, mais aussi en rappelant, à travers les mots, l’identité africaine érodée par le colonialisme.
Dans le monde actuel post-colonialiste, la littérature devient une arme de défense contre les nouveaux défis contemporains, tels que le néocolonialisme, les nouveaux régimes politiques autoritaires, les conflits internes, les inégalités socio-économiques, ou encore les violences faites aux femmes. L’écriture est une résistance aux oppressions, et permet de questionner, de critiquer, de dénoncer, ou encore de revendiquer les droits des uns et des autres, et surtout des minorités, des femmes, et des jeunes.
Le salon a également exploré des thématiques plus spécifiques telles que la bande dessinée africaine, l’impact de la littérature sur la mémoire historique, et la place de la jeunesse africaine de la diaspora dans la construction des imaginaires collectifs. Des rencontres littéraires croisées, des discussions autour des relations entre l’Afrique et le Brésil, ainsi que des réflexions sur la place des auteurs camerounais dans la nouvelle littérature africaine enrichissent l’événement. En somme, ce rendez-vous s’impose comme un lieu de réflexion, de rencontres professionnelles, de partage de savoirs et de célébration des créations littéraires africaines et diasporiques.
Deux pris ont été attribués au cours dudit Salon.
Le CAFRAD invite les leaders et tout le public africains à soutenir les auteurs à travers la lecture de leurs œuvres pour opérer un changement transformationnel sur le continent. Les livres sont des centres de formation et de développement des connaissances actionnables à condition qu’ils soient lus intelligemment.