Les inondations au Maroc : la gouvernance anticipative face aux risques climatiques

Les inondations récentes ayant touché plusieurs régions du Maroc ont représenté une épreuve majeure pour les populations et les territoires concernés. Toutefois, au-delà de l’ampleur des dégâts, la réaction des autorités marocaines a mis en évidence une approche fondée sur la gouvernance anticipative, démontrant qu’une action publique préparée et proactive peut réduire significativement l’impact des crises climatiques.
Dès l’annonce de conditions météorologiques exceptionnelles, les pouvoirs publics ont mobilisé les mécanismes de veille et de coordination nécessaires afin d’anticiper les risques. Les décisions prises en amont, notamment en matière de gestion des infrastructures hydrauliques, de protection des populations exposées et de mobilisation des services de secours, traduisent une capacité institutionnelle à agir avant que la crise n’atteigne son paroxysme. Cette approche illustre une administration publique capable de transformer l’information et la prévision en action rapide et efficace.
La gestion de cette situation a également révélé un haut niveau de coordination entre les différents acteurs institutionnels, aussi bien au niveau central que territorial. Les autorités locales ont joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre des mesures décidées, confirmant l’importance d’une administration déconcentrée et proche des citoyens. Cette synergie a permis de limiter les pertes humaines et d’assurer une prise en charge rapide des populations sinistrées, renforçant ainsi la confiance entre l’État et les citoyens.
Dans un contexte africain marqué par la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, l’expérience marocaine revêt une portée qui dépasse le cadre national. Elle démontre que l’anticipation, la planification et la préparation administrative constituent des leviers essentiels pour renforcer la résilience des États africains. Les enseignements tirés de cette gestion peuvent nourrir une réflexion collective à l’échelle du continent, fondée sur le partage des bonnes pratiques et l’adaptation des politiques publiques aux réalités locales.
Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la mission du CAFRAD, dont l’objectif est de renforcer les capacités des administrations publiques africaines et de promouvoir une gouvernance moderne, efficace et résiliente. En valorisant des expériences concrètes telles que celle du Maroc, le CAFRAD contribue à diffuser une culture de l’anticipation et à accompagner les États membres dans l’intégration du risque climatique au cœur de l’action publique.
En définitive, la réaction du Maroc face aux inondations récentes confirme que la gouvernance anticipative constitue un pilier essentiel de la résilience africaine. À l’échelle panafricaine, elle rappelle que la capacité des administrations publiques à prévoir, coordonner et agir rapidement représente un atout stratégique face aux défis climatiques actuels et futurs, et un champ d’action prioritaire pour la coopération africaine.


