Mot de l’Organisateur

Dr. Coffi Dieudonné ASSOUVI Directeur général du CAFRAD

Les technologies numériques et l’intelligence artificielle (IA) constituent, à n’en point douter, des avancées technologiques indéniables du 21ème siècle. Elles bouleversent notre vie quotidienne, nos méthodes de travail, notre mode de consommation, les relations interpersonnelles et transforment les organisations, qu’elles soient publiques ou privées. En réalité, c’est un autre monde qui est en train de se construire sous nos yeux : humain ou objets connectés ? Augmenter les capacités humaines, l’intelligence humaine, à réaliser des exploits inédits dans tous les secteurs de l’économie, du social, du culturel et du politique, est devenu possible mais interpelle la conscience humaine, l’éthique de l’intelligence artificielle. Si l’IA accroît les potentialités de l’homme et lui offre de nombreuses facilités et opportunités, elle comporte par contre moult risques : l’ère de l’évacuation d’autrui, de l’indistinction, un monde liquide, l’amour liquide, les guerres hybrides, la cybercriminalité, la consommation des énergies, la marchandisation du vivant, ainsi que la course effrénée à la technologie et le développement des compétences et talents numériques auxquels les pays du sud global ne se sont pas encore préparés…

L’UNESCO en a fait son cheval de bataille. Elle a publié le 23 novembre 2021, sa Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle. En septembre 2024, les Nations Unies ont adopté le Pacte pour l’avenir comprenant 56 mesures, et auquel sont annexés le Pacte numérique mondial et la Déclaration sur les générations futures. Certains Etats et les organisations internationales et régionales mettent en place un cadre ou un référentiel des compétences numériques et de l’IA.

Cependant, l’approche globale, holistique et humaine pour adresser ces innovations technologiques reste à repenser et à réinventer. Il est bien de combiner la transformation économique, la transition numérique, écologique et énergétique ainsi que l’inclusion sociale, et l’équité intragénérationnelle et intergénérationnelle.

Pour éviter la fracture numérique et technologique entre pays et à l’intérieur de chaque Etat, le CAFRAD, Organisation intergouvernementale panafricaine, s’inscrivant dans la Vision de la Coopération sud-sud de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu Le protège, Le Préserve et Le Glorifie, organise en Mars 2026 un Forum international intitulé : « Intelligence artificielle, Transition numérique, Énergie, et Connectivité en Afrique : Perspectives de Coopération Internationale ».

Il s’agira de mobiliser les principaux décideurs, experts et chercheurs en vue d’élaborer une feuille de route pour l’avenir de l’Afrique, « l’Afrique que nous voulons », Agenda 2063 de l’Union africaine (UA).