Conférence internationale sur les « Villes résilientes au climat, risques liés aux nanoplastiques et nexus Océan–Énergie–Santé » (CRNOEH 2026)

La ville de Tanger a accueilli, le 30 avril 2026, la Conférence internationale sur les « Climate-Resilient Cities, Nanoplastic Risks & Ocean–Energy–Health Nexus » (CRNOEH 2026), organisée par l’École des Nouvelles Sciences et Ingénierie (ENSI), en partenariat avec l’initiative internationale Climate Crisis & Mental Health et avec la participation du CAFRAD (Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement).
Cet événement scientifique d’envergure internationale a réuni des chercheurs, experts, décideurs institutionnels et représentants d’organisations nationales et internationales issus de plusieurs pays, notamment du Maroc, de la France, de l’Autriche, de la Slovaquie, de la République tchèque, de la Russie, de la Colombie, de l’Inde et du Belarus.
Dans un contexte mondial marqué par l’accélération des changements climatiques, les pressions environnementales croissantes et l’émergence de nouveaux risques sanitaires liés aux microplastiques et nanoplastiques, la conférence s’est donnée pour objectif de promouvoir une réflexion interdisciplinaire autour de la résilience urbaine, de la transition énergétique, de la préservation des écosystèmes marins.
Un carrefour international pour l’innovation et la résilience
Les travaux ont débuté par une allocution de bienvenue du Directeur général de l’ENSI de Tanger, représentant l’institution hôte. Il a mis en évidence la pertinence des thématiques abordées dans le contexte actuel des crises climatiques et environnementales. Il a souligné la nécessité de développer des villes résilientes capables de préserver les équilibres écologiques, économiques et sociaux, tout en insistant sur l’importance d’une plateforme internationale de dialogue favorisant l’émergence de solutions concrètes et applicables.
Madame Aicha Chorak Franky, Directrice de la Recherche, du Développement et de l’Innovation à l’ENSI, a rappelé les pressions sans précédent auxquelles fait face la communauté internationale en raison des changements climatiques. Elle a insisté sur l’urgence de réponses coordonnées et sur l’importance de renforcer les échanges scientifiques autour des technologies durables, notamment dans les domaines de la transition énergétique et de l’hydrogène. Elle a également présenté l’orientation stratégique de l’ENSI à travers plusieurs projets innovants liés aux systèmes de dessalement et aux moteurs hydropropulsés, illustrant ainsi l’engagement de l’institution en faveur de solutions technologiques durables.
Le Dr Olga Andreeva, représentant l’Alliance professionnelle internationale « Climate Crisis & Mental Health » de Russie, a mis l’accent sur la nécessité d’élargir les discussions internationales relatives aux crises sanitaires afin d’y intégrer les enjeux liés aux villes résilientes et aux risques des nanoplastiques. Elle a appelé à un renforcement de la coopération internationale et du partage des connaissances pour mieux faire face aux défis environnementaux et sanitaires interconnectés.
Le Dr Najoua Aknin, représentant le Conseil régional de Tanger–Tétouan–Al Hoceima, a souligné la pertinence et l’actualité des thèmes traités, rappelant que l’urgence climatique constitue un défi mondial nécessitant une action collective et coordonnée. Elle a mis en avant les efforts régionaux engagés en matière de développement durable et d’énergies renouvelables afin de renforcer la résilience territoriale et promouvoir une croissance durable.
Des thématiques au cœur des enjeux mondiaux: Quatre panels d’experts pour approfondir le débat
Les travaux scientifiques se sont articulés autour de plusieurs panels et présentations consacrés aux grands défis environnementaux et énergétiques contemporains.
Panel 1 : Climate-Resilient Smart Cities & Energy Sovereignty
Ce premier panel a porté sur les stratégies permettant de développer des villes intelligentes, autonomes sur le plan énergétique et capables de faire face aux perturbations climatiques. Les discussions ont mis en évidence l’importance des infrastructures résilientes, de l’innovation technologique et de l’intégration des énergies renouvelables dans les politiques urbaines.
Dans ce cadre, le Professeur Zaid Romani a présenté une communication consacrée à l’impact des microclimats et des nanoplastiques dans les environnements urbains. Son intervention a mis en évidence les effets de ces phénomènes sur la consommation énergétique, les coûts économiques et le bien-être humain, tout en soulignant le rôle des approches de villes intelligentes dans la gestion de ces défis.
Panel 2 : From Microplastics to Hydrogen Systems
Ce panel a exploré les perturbations émergentes dans le nexus Océan–Climat–Énergie, notamment les risques associés aux microplastiques et les perspectives offertes par les technologies de l’hydrogène.
Monsieur Radovan Dobrovodsky a présenté des perspectives liées au projet ALLATRA, mettant en lumière les interactions entre les nanoplastiques et les systèmes énergétiques ainsi que leurs implications pour la stabilité environnementale.
Monsieur Ondrej Vida a, pour sa part, abordé les risques croissants d’instabilité des systèmes énergétiques et les scénarios potentiels de blackout. Il a souligné l’augmentation de la fréquence des interventions sur les réseaux électriques et la vulnérabilité des infrastructures énergétiques dans un contexte marqué par la variabilité climatique et l’intégration accélérée des énergies renouvelables.
Panel 3 : Nanoplastiques et défis biomédicaux
Ce panel a mis en évidence les risques croissants liés à la présence de particules plastiques invisibles dans l’environnement et leurs impacts potentiels sur la santé humaine. Les intervenants ont insisté sur le manque de données relatives aux effets à long terme des nanoplastiques et appelé au renforcement de la recherche interdisciplinaire afin de mieux comprendre leur toxicité, leurs modes de propagation et leurs interactions avec les organismes vivants.
Les discussions ont également porté sur les solutions envisageables, notamment le développement de technologies avancées de détection, l’amélioration des réglementations relatives aux plastiques ainsi que l’innovation dans les matériaux biodégradables et les systèmes de filtration.
Panel 4 : Climat, géographie humaine et résilience méditerranéenne
Le quatrième panel a exploré les stratégies d’adaptation des territoires méditerranéens face aux effets du changement climatique, notamment la hausse des températures, la raréfaction des ressources en eau et l’urbanisation rapide.
Les échanges ont mis en avant l’importance d’intégrer les dimensions sociales, économiques et culturelles dans les politiques climatiques. Parmi les solutions proposées figuraient la planification urbaine durable, la gestion intégrée des ressources naturelles, le renforcement des infrastructures résilientes ainsi que l’implication des communautés locales dans les processus décisionnels.
Les participants ont également insisté sur la nécessité de renforcer les coopérations régionales dans le bassin méditerranéen afin de favoriser le partage des connaissances et la coordination des actions face à des défis communs.
Innovation technologique et systèmes intelligents
Le Professeur Mohamed Bakhouya a conclu la session scientifique par une présentation consacrée au rôle des technologies de l’Internet des objets (IoT) dans l’anticipation et la gestion des risques futurs. Il a démontré comment les systèmes prédictifs et intelligents peuvent contribuer à renforcer les processus de prise de décision et à améliorer la résilience des systèmes urbains et énergétiques.
Un rendez-vous scientifique
Les différentes interventions scientifiques ont permis de poser les bases d’une réflexion approfondie sur les défis liés aux changements climatiques, aux nanoplastiques, à la transition énergétique et à la résilience urbaine.
Les travaux ont mis en évidence l’urgence d’adopter des approches intégrées et interdisciplinaires associant recherche scientifique, innovation technologique, gouvernance publique et coopération internationale. Ils ont également souligné l’importance de renforcer les synergies entre institutions académiques, acteurs publics et partenaires internationaux afin de construire des sociétés plus durables, inclusives et résilientes.
À travers l’organisation de cette conférence internationale et la participation d’institutions telles que le CAFRAD, Tanger confirme son positionnement croissant comme hub scientifique, environnemental et stratégique ouvert sur les enjeux globaux et résolument tourné vers un avenir durable.


